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MOI ET LES AQUABOYS

Auteure : Nat LUURTSEMA

Éditeur : Gallimard jeunesse, 2016

Moi et les Aquaboys : Luurtsema, Nat

Ce que j’en résume  :

Hannah et Louise sont les meilleures amies du monde, depuis l’âge de 9 ans, elles écument les piscines car leur objectif : devenir nageuse professionnelle, participer aux Jeux Olympiques et remporter des médailles. Et pourtant, le rêve de l’une va se briser sur une sélection qui lui ouvrait les portes du professionnalisme.

Elle va se retrouver esseulée, au lycée chacun la trouve « à part », elle n’est pas populaire, ne cherche pas à plaire, est originale, est une échalas bref, une jeune fille de 15 ans que les autres lycéens évitent soigneusement…

Cela se commence sous les pires auspices mais la vie réserve toujours des surprises surtout pour les battants.

 

Ce que j’en pense :

Alors là je dis bravo pour cette héroïne crédible, battante, mal dans sa peau et qui, ne lâche rien !

On se retrouve dans une famille atypique et malgré cela, l’amour est présent… Les personnages ne sont pas caricaturés exceptés peut-être Sandy qui n’a rien pour elle. J’aime cette réflexion où le personnage principal tente de comprendre les raisons pour lesquelles les gens manipulent les uns et les autres. Je rajouterai et pour quelles raisons les gens se laissent faire…

J’aurai aimé toutefois en savoir un peu plus sur la maladie de Gabriel… Beaux portraits également de ces aquaboys qui ne déméritent pas par leur exploit et leur solidarité et ce qui rajoute à la crédibilité des relations humaines c’est que les garçons ne sont en étroite relation avec l’héroïne, le fossé qui a été crée s’est comblé mais dans la pudeur…

Enfin, ce roman montre (de loin) la difficulté de la natation synchronisée qui est en fait un sport violent, dangereux comme peut l’être d’autres sports collectifs. Pour ma part, je ne savais pas que des garçons pouvaient en pratiquer.

Et pour finir j’ajoute que ce roman est un plaisir de lecture grâce à son humour pas lourdingue…

Ce que j’en conseille :

A partir de 13 ans et plus bien sûr

Ce que je note :

je crois savoir qu’il existe une suite à ce roman. Si c’est le cas c’est avec plaisir que je retrouverai toutes ces personnages…

 

CHAUSSETTE

Scénariste : Loïc CLEMENT

Dessinatrice : Anne MONTEL

Editeur : Delcourt jeunesse, 2017

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Ce que j’en résume : Voici l’histoire de Josette baptisée Chaussette par le petit voisin. Ce dernier observe cette femme âgée, atypique et avec une grande douceur il croque le portrait de cette femme qui a pour seul compagnon un chien.

Ce que j’en dis : Voici une bande dessinée qui raconte le quotidien de ces personnes d’un certain âge qui vivent hors le monde. La vieillesse, la solitude, ce qui nous raccroche à la vie sont des fils qui sont noués comme une pelote de laine… Que fait-on de cette pelote de laine ? Continuer à construire le fil de la vie ou bien attendre qu’un autre vienne dérouler le fil de laine pour en apprendre plus sur une histoire passée…

Les dessins délicats, sensibles (les auteurs évitent la sensiblerie) sont des fils tenus qui retiennent à peine la Vie… Et il suffit de peu pour redonner le goût de la douceur, de l’apaisement, du lien aux autres…

J’aime aussi cette idée que les auteurs soulignent : il faut se tenir de tout jugement… Mets les pieds dans les sabots de l’autre afin de le comprendre…

Comment évoquer, dessiner le quotidien de l’autre sans ennui ? S’intéresser à l’autre avec de bonnes raisons, celle qui fait qu’on lui tend la main sans jugement, sans a-priori…

Bande dessinée humaniste… Merci pour cela…

Ce que j’en conseille : Pour les enfants à partir de 8 ans et pour tous…

 

 

 

YEHUNDA

Auteure : Isabelle WLODARCZYK

Illustrateur : Dani TORRENT

Editeur : Editions d’Orbestier, (Rêves bleus) – 2015

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Ce que j’en dis : voici un très bel album par ses magnifiques illustrations, le format aide à entrer dans les images. Les illustrations douces, en rondeur atténuent nettement les propos du texte où il est question d’un amour d’enfance interdit au temps de l’esclavage et de la ségrégation.

Les illustrations sont en pleine page pour mettre en contraste  la douceur des paysages, des éléments comme le coton et la cruauté des hommes avec les barreaux et les fouets.

Les personnages écrasent la page par leur Grande Histoire d’Amour et puis sur certaines pages, on observe des silhouettes lointaines, petites comme inexistantes, écrasées par cette histoire trop grande pour eux…

Ah, s’ils étaient nés à une époque plus tolérante, moins intransigeante, moins manicchéenne !!! La violence n’est jamais directement montrée mais au détour d’une page, on découvre un fouet, des barreaux…

La chute est magnifique et emplie d’espoir : ne jamais abandonner, ne jamais renoncer, la Vie vous amène du côté de l’espérance comblée…

Histoire sur l’esclavagisme traitée avec de la douceur dans un monde où la privation de liberté règne (par le travail, par les conventions sociales…)

Ce que j’en conseille : pour les enfants dès le CE2, CM1 en expliquant succinctement cette période.

La Sélection : L’Elue (livre 3/5)

Auteure : Kiera CASS

Editeur : Robert Laffont, 2014

Collection : R, Livre III

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Ce que j’en pense : vous aviez eu un arrière goût de ce que je pensais dans les critiques des 2 tomes précédents et cela ne va pas en s’arrangeant. Car la fin est consensuelle, mièvre… Bref, à lire pour se vider la tête et puis passer très rapidement à quelque chose de plus consistant, d’intéressant…assurément…

Critiques précédentes : LA SELECTION : l’Elite (2/5)  et   LA SELECTION

Ce que j’ajoute : et bien oui, je vous le dis quand même : il existe une suite à cette trilogie,  en 2 tomes dont le tome 4 s’intitule « L’Héritière » et il existe même un hors série : « La Sélection, histoires secrètes : le Prince et le Garde »

Voilà, je n’en dirai pas plus… Mais bien déçue…

 

LA SELECTION : l’Elite (2/5)

Auteure : Kiera CASS

Editeur : Robert Laffont, 2013

Collection : R ; Livre II

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Ce que j’en dis : Aïe, Aïe, aïe, le début de ce deuxième tome m’a laissée perplexe voire ennuyée par tant de récit gnangnan, larmoyant…

Comme dans les romans à l’eau de rose, l’héroïne se morfond, pleure, craque, riposte mais on sent que les évènements la ballotent d’une page à l’autre sans qu’elle n’arrive à réellement maîtriser les choses et son amour pour le Prince.

Et puis, j’ai tenu le coup et ai voulu connaître la fin de ce tome pour finalement me réconcilier avec le récit qui donne un peu plus d’épaisseur à l’entourage de Maxon (enfin) et à America qui me paraissait bien nunuche et par trop indécise.

Je m’en vais lire le tome 3 intitulé « L’Elue », si, si

Ce que j’en conseille : comme pour le premier tome, roman pour ado romantique, afin de se vider la tête… Mais n’est pas un roman qui nourrit l’âme… A classer dans la catégorie « Roman à l’eau de rose »

 

 

LA SELECTION

AUTEURE : Kiera CASS

EDITEUR : Robert Laffont, 2012

COLLECTION : R,  Livre I

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Ce que j’en dis : bon, passons sur la couverture qui est trop kitsch à mon goût, voici une série de 5 tomes dont je vous présente le premier tome.

Nous nous retrouvons dans un pays dénommé Illéa, quatre guerres mondiales se sont succédées et à présent, ce pays est divisé en caste.

L’héroïne prénommée America Singer appartient à la caste Cinq, celle des artistes. Pour survivre, sa famille composée de cinq enfants dépend de mécènes…

Toutefois, la vie d’América est une vie d’adolescente ‘traditionnelle » : elle est choyée dans sa famille,  étouffée par les recommandations de sa mère, aide à la maison et… vit une relation passionnément amoureuse avec Aspen avec qui elle rêve d’une vie de famille…

Et soudain, surgit l’impensable, Aspen rompt avec América éplorée, celle-ci candidate à la Sélection : le prince du Royaume, Maxon veut trouver épouse et parmi 35 candidates, 35 filles du royaume, il devra choisir son Êlue…

Bon c’est vrai que résumer comme cela l’histoire fait un peu mièvre mais si vous avez un peu l’âme romantique, cette série (ou du moins ce tome 1) tient ses promesses…

C’est comme si vous succiez un bonbon acidulé : c’est doux, c’est bon, cela fait du bien même si cela ne nourrit pas, vous passez un moment de rêveries et de strass et de paillettes… La dystopie est un prétexte pour asseoir le récit, j’en ai bien conscience mais le véritable intérêt n’est-il pas l’Amour sous toutes ses formes ???

Pas impérissable mais franchement, on oublie son quotidien le temps de 343 pages…

Ce que j’en conseille : à partir de 13-14 ans, pour les âmes rêveuses qui ne cherchent pas à se prendre la tête… Divertissant et so romantic…

LA LEçON

Auteur : Michaël ESCOFFIER

Illustrateur : Kris Di GIACOMO

Editeur : Frimousse, 2017

Collection : (L’Album philo)

Ce que j’en dis : La leçon est un album où la matière, l’espace sont au centre du récit… Album minéral par ses couleurs et par les matières utilisées pour les illustrations : une matière métallique au goût âpre, au goût de sang, de terre, de haine, de remugle, de forêt s’étalent page après page…

On regarde évoluer ce chasseur massif, bien campé sur ses pieds, un vrai terrien défendant son bien face à la bête. L’animal réduit à la bête gagne en férocité et perd à la fois en animalité et en humanité…

Un combat de géants entre ces deux êtres puissants, féroces, dans l’animalité la plus pure… La violence, la masse des corps qui se jaugent, se tournent autour et puis forcément s’affrontent dans un éclat de sang et de feu…

La maison au milieu des bois se dresse là loin de la violence, paisible, comme immuable ….

L’humanité contre l’animalité : un combat où les vainqueurs sont les vaincus..

Bel album qui interroge sur nos ombres et sur nos réactions face à la bête…

Comment triompher et apaiser notre peur… Et cette leçon, elle s’adresse à qui ? C’est une leçon pour qui ? Pour l’Homme qui se croit tout puissant ou pour la Bête qui se sert sur l’Homme ?

ce que j’en conseille : Un album pour les plus grands assurément, à partir de 09 ans pour réfléchir et qui dérange… La lumière dans la maison laisse supposer que l’Homme (la culture, la technique) triomphe sur la nature mais qui sait où se trouve la bête à présent…

LES PETITS ORAGES

Auteure : Marie CHARTRES

Éditeur : L’École des loisirs, 2016

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Ce que j’en résume : Après un violent accident de voiture, Moses Laufer Victor Léonard a la jambe atrophiée et sa mère « marche » en fauteuil roulant… Ce qui désespère le père de Moses. Moses s’est replié sur lui-même, se réfugie sur Internet ou regarde des films documentaires qui lui font du bien…

Rien ne va plus mais c’est sans compter sur la rencontre avec un oglala de la réserve de Pine Ridge, un dénommé Ratso et un road movie qui va les mener vers des paysages intérieurs profonds…

Ce que j’en dis : on se laisse transporter par l’histoire de ces amérindiens, ces lakotas et cet ado blanc, fils de psychiatre qui n’arrive pas à mettre en mot sa culpabilité… Ce roman est puissant par son humanité et par son profond humanisme. Nous sommes amérindien, nous sommes handicapé, nous sommes ce mal-être dans lequel on s’enfonce profondément…

Et lorsque la porte s’ouvre de nouveau sur la Vie, on en est… Sortir de sa coquille dans laquelle on s’est emmuré pour ne pas souffrir. Mais la Vie est souffrance au même titre que Joie… Notre condition d’être humain c’est de l’accepter…

Quand on entre en relation avec celui qui nous porte, nous soutient, sachons le reconnaître et nous ouvrir à lui. De même sachons reconnaître le veilleur qui sommeille en nous.

J’aimerais savoir si Marie Chartres connait de vrais Oglalas car ses explications sur leurs spiritualités m’a donné envie d’en savoir plus sur le sujet… J’aime aussi la description des Sioux Oglalas et de leurs conditions de vie épouvantables… Loin bien entendu de tout cliché et stéréotype…

Ce que j’en conseille : à partir de 14 – 15 ans. Les notes sur la psychanalyse pourraient lasser pour un public plus jeune ainsi que le regard sur les réserves amérindiennes.

LE FILS DE L’URSARI

Auteur : Xavier-Laurent PETIT

Éditeur : L’École des loisirs, 2016

Collection : Medium

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Ce que j’en résume : Les Ursari, les fils du vent vivent dans un pays de l’est (l’une des villes se nomme Tamasciu) et sont rejetés par tous. Une aubaine pour cette famille de 6 membres lorsque deux hommes qu’ils n’avaient jamais vus auparavant leur proposent de quitter ce pays pour se retrouver à Paris, en France.

Et, Vera, Ciprian, Daddu le patriarche, M’man, Dimetriu acceptent un marché qui les rendent débiteurs de ces deux hommes. Il va falloir les rembourser et le seul moyen quand on ne parle ni la langue du pays, ni ne possédant aucun travail, c’est indubitablement les petits trafics en tout genre, le vol, la mendicité…

Ce que j’en dis : Un beau roman sur les réalités de l’immigration : on ne fuit pas pour le plaisir mais par nécessité (la faim, le travail, la haine…)

Un beau portrait de ces « gens du voyage » qui ont pour devise la liberté… Les derniers descendants de ces peuples, libres comme l’air et que l’humanité toute entière rejette parce que trop différent, parce que ne suivant pas les règles.

Un roman non manichéen où les « méchants » sont de tout bord et la famille Ursari n’y échappe pas…

Une ouverture sur la solidarité familiale, sur les migrations, sur les ressources que l’on peut puiser en soi et chez les autres, sur l’Humanité et puis ce qui m’a touché particulièrement sur la manière dont on peut prendre sa place dans la vie et également qu’est ce qui compte le plus quand on perd tout… Qu’est ce qui  nous maintient en vie…

Encore un Xavier-Laurent Petit réussi…

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