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YEHUNDA

Auteure : Isabelle WLODARCZYK

Illustrateur : Dani TORRENT

Editeur : Editions d’Orbestier, (Rêves bleus) – 2015

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Ce que j’en dis : voici un très bel album par ses magnifiques illustrations, le format aide à entrer dans les images. Les illustrations douces, en rondeur atténuent nettement les propos du texte où il est question d’un amour d’enfance interdit au temps de l’esclavage et de la ségrégation.

Les illustrations sont en pleine page pour mettre en contraste  la douceur des paysages, des éléments comme le coton et la cruauté des hommes avec les barreaux et les fouets.

Les personnages écrasent la page par leur Grande Histoire d’Amour et puis sur certaines pages, on observe des silhouettes lointaines, petites comme inexistantes, écrasées par cette histoire trop grande pour eux…

Ah, s’ils étaient nés à une époque plus tolérante, moins intransigeante, moins manicchéenne !!! La violence n’est jamais directement montrée mais au détour d’une page, on découvre un fouet, des barreaux…

La chute est magnifique et emplie d’espoir : ne jamais abandonner, ne jamais renoncer, la Vie vous amène du côté de l’espérance comblée…

Histoire sur l’esclavagisme traitée avec de la douceur dans un monde où la privation de liberté règne (par le travail, par les conventions sociales…)

Ce que j’en conseille : pour les enfants dès le CE2, CM1 en expliquant succinctement cette période.

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Auteure : Sarah TUROCHE-DROMERY

Éditions : Thierry Magnier, 2016

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Ce que j’en dis : voici un roman court à la lecture rapide qui met en lumière les desiderata d’une jeune fille au couvent pendant le Moyen Âge et la vie de ces femmes.

Quelle vie pour ces femmes et filles enfermées pour la plupart d’entre elles sans qu’on leur demande leur avis.

Être fille de la noblesse ne permet pas tous les privilèges et pour cause Aloys a été séparée de sa famille à l’âge de 6 ans et fait « don » à un monastère.

La vie y est rythmée par les prières et les saisons… A 13 ans, âge où commence le récit, la vie ne fait que commencer et Aloys étouffe dans cette promiscuité avec des sœurs qu’elle n’a pas choisi… Ses sœurs qui décident de sa vie et qu’elle ne connait pas si bien puisque les sentiments, les émotions sont refoulés au plus profond de son être au profit des prières et de Dieu.

Comment s’accommoder d’une telle vie quand on aime les grands espaces, les mythes, les contrées lointaines, l’Orient, la créativité ?

Aloys est un personnage au caractère fort, non docile et qui cherche à prendre sa vie en main …

Un roman original par la description de la vie d’un monastère, par son sujet, par la privation des libertés, de sa liberté, d’être libre d’être soi-même dans un milieu très austère et entravé par des règles où le monde est divisé entre le Bien et le Mal, Dieu et Diable…

Ce que j’en conseille : pour les adolescentes dès 13 ans.

« Ce roman très bien documenté présente un portrait de la vie des moniales, des abbayes, au XIIe siècle. » (source : Éditions Thierry Magnier)

La Fée de Verdun

Auteur :  Philippe NESSMANN
Éditeur :  Flammarion
MLXLS
Ce que j’en conseille : Si vous êtes en troisième ou bien au lycée (mais ce roman est à mettre entre toutes les mains) , cela ne vous fera pas de mal de lire ce roman à la fois historique et biographique.
Ce que j’en résume : Un étudiant en histoire enquête sur la vie de Nelly Martyl retrouvée en 1943 gravement blessée  dans l’une des rues de Paris et dont sa grand-mère évoquait le drame, elle, qui, petite fille  a vu ce corps gisant dans son sang et dans la rue.
Cet étudiant a donc reçu cette histoire en héritage, il cherche à reconstituer la vie de cette femme qui était cantatrice à l’Opéra Comique puis infirmière sur le front pendant la première Guerre Mondiale et en parallèle, retrace pas à pas les évènements de la première guerre mondiale.
On y retrouve le jeu des alliances entre grandes puissances, les actes de mobilisation, des noms comme Georges Scott, Léopold Bellan, Edouard Detaille…
Construit à la fois comme une enquête et comme un roman : le narrateur présente les faits qu’il a recueillis avec photos d’archives à l’appui et les rends vivant par le jeu de la fiction.
Ce que j’en pense  : Je ne connaissais pas du tout cette cantatrice mais sa vie est passionnante et intrigante ! Quel mystère cette mort…
D’un point de vue historique,j’ai vu quelques stéréotypes tombés comme :
– « mobilisation » ne veut pas dire guerre mais seulement se préparer à la guerre !
– les mannequins n’existaient pas . Pour les défilés de mode, ce sont les célébrités qui se prêtaient à ce jeu si leur physique correspondait naturellement au canon de beauté de l’époque.
– Les hommes de 34 à 45 ans étaient mobilisés ainsi que les troupes coloniales bien sûr.
– L’homme trop vieux pouvait mobiliser son cheval s’il en avait un en l’incorporant dans la cavalerie.
Très bon roman sur cette période et sur cette femme extraordinaire ayant réellement existé et dont une fondation a porté le nom…
Merci à M. Philippe NESSMANN d »avoir sorti cette femme de l’oubli.

Max

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  Auteure : Sarah COHEN-SCALI

Éditeur : Gallimard jeunesse

Collection : Scripto

Ce que j’en résume : « Allemagne 1936. Konrad naît le 20 avril, date anniversaire d’Adolphe Hitler. C’est le premier bébé né du programme Lebensborn. Il passe les sélections avec succès et devient le prototype de la race aryenne pure et parfaite. Sa mère, c’est l’Allemagne, son père c’est le führer…

Ce que j’en pense : Dérangeant et passionnant, Max de Sarah Cohen-Scali explore un pan de l’histoire nazie peu enseignée. L’auteure n’épargne pas le lecteur, ni dans le langage cru, ni dans les scènes obscènes. Et pourtant. Konrad alias Max a beau vouloir être un monstre, il a des failles, ce qui le rend paradoxalement très attachant…

Le roman a obtenu, vendredi 12 avril, le Prix sorcière dans la catégorie ado, à la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne. Ce prix est décerné par l’Association des librairies spécialisées jeunesse et l’Association des bibliothécaires de France. » (source : Et pourtant ils lisent du CRILJ ado Rhône Alpes)

Ces commentaires ont été glané sur le site du CRILJ Ado Rhône-Alpes, merci à eux…
Mais il est bien évident que je vais y mettre un grain de sel et une lampée de rhum et un brin de sucre, que voici d’ailleurs…

J’ai aimé ce roman dense et bourrelé de détails sur cette histoire du Lebensborn, la deuxième partie (la ville de Berlin décimée) est plus inégal mais j’adore (bravo quel travail) le va et vient entre la dérision, l’horreur et la précision historique… Il fallait le faire…

Ce que j’en conseille : Ado, jeunes adultes et adultes, à lire sans hésiter…

Et ce qui me bouleverse c’est cette conclusion implacable qui est là, qui n’est pas dite clairement mais qui est explicite : c’est toujours l’Humanité qui est perdante dans ce système totalitaire, l’homme a toujours tout à y perdre qu’elle que soit la place qu’il occupe…

Et pour cela encore bravo

Lever de rideau sur Terezin

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Ce que j’en résume : Christophe LAMBERT a l’art et la manière de nous décrire l’histoire de ce dramaturge Victor STEINER arrêté en France en1943 et déporté dans le camp de Terezin… Concours de circonstances, le « sous-commandant  » du camp aime le théâtre et à fortiori les œuvres du Grand Steiner…

Une délégation  danoise va se rendre dans ce camp : Waltz, le nazi commande une pièce de théâtre à cette occasion.

L’Art rend sa partie d’humanité à Steiner… Un très bon roman à la fois historique et artistique (réflexion sur l’art : à quoi cela sert-il ? En quoi cela nous nourrit-il ?)

Ce que j’en pense : Ce roman nous ouvre les portes sur la manière dont on conçoit une œuvre, pourquoi écrit-on et surtout comment élabore-t’on une œuvre (son démarrage en particulier). J’aime aussi à voir le positionnement des acteurs et la nécessité d’être narcissique.

Comment se situe t’on face à son bourreau ? Aux victimes ? Comment survivre sans écraser l’autre ou du moins comment garder son Humanité dans un milieu carcéral…

Je suis curieuse de savoir si ce Victor Steiner a existé et j’ai fait des recherches en ce sens : je pense que ce Victor Steiner est un personnage totalement fictif mais qui est probablement un mixage entre la création de l’auteur et ces artistes qui sont morts par milliers dans les camps de concentration.

Le nazisme avec toutes ces horreurs c’est aussi la mort de toutes ces personnalités qui auraient pu faire progresser l’Humanité !

Un dernier point : face à toutes ces horreurs : les méchants ont des côtés blancs et vice versa, les victimes peuvent être des pourris finis !

Nous sommes à la fois tout cela… Ne l’oublions pas !

Il faut savoir préserver son Humanité dans les moments les plus faciles car comment lutter contre notre inHumanité dans les périodes troubles ?

Ce que je conseille : roman pour les ados à partir de 15 ans

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