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Albums pour enfants

L’ARBRE M’A DIT

Auteur : Sophie LESCAUT

Illustrateur : Thanh PORTAL

Éditeur : Le Grand Jardin, 2017 (Le Jardin intérieur)

 

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Ce que j’en dis : Un album aux couleurs douces, tendres, colorées. Le coup de crayon de Thanh Portal nous introduit dès la page de couverture dans un univers où nous nous sentirons protégés malgré les « tempêtes » et les orages.

La nature métaphore de la vie est rassurante ou inquiétante mais si on sait tourner les pages on peut s’en sortir et passer à la page suivante.

Le texte de Sophie Lescaut est un leitmotiv dont l’origine provient du fond des âges « L’arbre m’a dit… », c’est comme un savoir ancestral qui est transmis ou comme le jeu « Jacques a dit m’a dit ». Au lecteur de savoir ce qu’il en fait…

Il y a forcément une phrase qui fait echo chez nous parce que cet album est un album « méditatif » : un arrêt momentanément sur la vie pour l’observer et pour s’observer…

Cet album est un album doudou qui rassure et comme un grand frère nous montre un chemin… Album universel et humaniste.

J’aime en particulier ces trois phrases :

  • L’arbre m’a dit qu’il y a plein de chemins
  • L’arbre m’a dit de vivre les tempêtes
  • L’arbre m’a dit qu’il y a l’inacceptable

 

Ce que j’en conseille : Un album pour tous assurément

Site de l’éditeur : LE GRAND JARDIN Editions

 

 

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YEHUNDA

Auteure : Isabelle WLODARCZYK

Illustrateur : Dani TORRENT

Editeur : Editions d’Orbestier, (Rêves bleus) – 2015

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Ce que j’en dis : voici un très bel album par ses magnifiques illustrations, le format aide à entrer dans les images. Les illustrations douces, en rondeur atténuent nettement les propos du texte où il est question d’un amour d’enfance interdit au temps de l’esclavage et de la ségrégation.

Les illustrations sont en pleine page pour mettre en contraste  la douceur des paysages, des éléments comme le coton et la cruauté des hommes avec les barreaux et les fouets.

Les personnages écrasent la page par leur Grande Histoire d’Amour et puis sur certaines pages, on observe des silhouettes lointaines, petites comme inexistantes, écrasées par cette histoire trop grande pour eux…

Ah, s’ils étaient nés à une époque plus tolérante, moins intransigeante, moins manicchéenne !!! La violence n’est jamais directement montrée mais au détour d’une page, on découvre un fouet, des barreaux…

La chute est magnifique et emplie d’espoir : ne jamais abandonner, ne jamais renoncer, la Vie vous amène du côté de l’espérance comblée…

Histoire sur l’esclavagisme traitée avec de la douceur dans un monde où la privation de liberté règne (par le travail, par les conventions sociales…)

Ce que j’en conseille : pour les enfants dès le CE2, CM1 en expliquant succinctement cette période.

Petit Point

AUTEURS : Giancarlo MACRI et Carolina ZANOTTI

Éditions : Nuinui, 2016

 

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Un album graphique en noir et blanc à la première de couverture fourmillante où l’on se sent à l’étroit…

Envie de l’ouvrir ?

A première vue, pas vraiment car il me rappelle le principe dans sa forme artistique de « Petit Bleu et Petit jaune » de Leo LIONNI (peut-être cet album est fait dans cette continuité ?) et dans le graphisme, il ne m’attire pas vraiment et me donne une sensation d’étouffement…

Ce que j’en pense

Et puis j’ose franchir le pas sur un univers noir et blanc où Petit Point nous présente son univers, celui que nous occidentaux connaissons bien et où nous avons de quoi nous alimenter, nous loger, nous distraire jusqu’à ce que cet univers bien huilé se retrouve confronté à l’Autre, à celui qui vient « envahir notre univers » avec son propre univers .

Les points, la page blanche et le texte sont des acteurs à part entière.

Le texte agit comme un personnage à part entière, il navigue d’une page à l’autre au gré de l’action et des décisions prises dans cette histoire…

La page blanche agit comme une respiration avant la sensation d’envahissement

Les points nous démontrent que l’on peut trouver des solutions ENSEMBLE

Ce que j’en conseille

Un très bel album, à conseiller à tous… Pour réfléchir sur l’Autre, notre rapport à lui et par conséquent notre rapport à nous avec une fin ouverte…

 

 

L’Oiseau à deux becs

Auteur : Sylvain ALZIAL

Illustrateur : Olivier PHILIPPONNEAU

Éditions : MeMo, 2013

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Ce que j’en dis : La chaleur, le rougeoiement, la flamboiement, l’énergie, l’éclat, la luminosité éclairent cet album de milles feux grâce aux gravures sur bois de Philipponneau. Le récit en est d’autant sublimé, récit évoquant l’importance du « bien s’entendre » quand on est lié d’une manière ou d’une autre (par la fratrie par exemple)

Le drôle d’oiseau a la forme d’un U, le U peut-il être un trait d’Union ?

La rondeur des feuillages, des montagnes, du sol contrebalancent la dispute des becs (eh oui une belle prise de becs pour accéder à la nourriture…) par la douceur, elles arrondissent les angles (=becs)

Cette fable est tirée d’un conte indien du VIème siècle

Ce que j’en conseille : A première vue, pour les tout-petits et puis je me dis que le texte original est naturellement universel. Il faut que je le retrouve (je vous en fais part si c’est le cas)

Bel album par son propos et ses illustrations

Le site de l’illustrateur : http://www.philipponneau.com/blog/

BLOG DE L’ILLUSTRATEUR

La Cagoule

Auteure et illustratrice : Anne-Caroline Pandolfo

Éditeur : Talents Hauts, 2015

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https://annecarolinepandolfojeunesse.wordpress.com/la-cagoule-editions-talents-hauts/

Voici un album rythmé, coloré par ses illustrations dynamiques et par ses dialogues courts et humoristiques avec les commentaires en off des oiseaux

Le héros de l’histoire arrive avec une cagoule sur la tête et la première réaction de ses camarades est la moquerie, la taquinerie s’ensuit alors la solitude pour Louis ce petit garçon au look décrié.

Visite du zoo par la classe, Louis se rapproche d’une autre solitude, celle du  lion qui ne semble pas du tout folichon et de là des liens se tissent… Qui se ressemble s’assemble ;  d’une tare, d’un handicap on peut créer une source d’amusement, d’échanges, de liens …

Chaque page a une touche de couleur orange : on ne peut se défaire de ce que l’on est, de ce que les autres voient : il faut faire avec et être avec fierté et légèreté parce que c’est ainsi que voilà la vie…

Dépasser le jugement d’autrui qui est inévitable pour en faire un amusement et voir la vie d’une autre façon. Faire de sa différence une force, s’assumer pleinement et les choses évoluent : la preuve : on retrouve l’un des « commentateurs » oiseaux (sur la page de garde) avec le bonnet sur les oreilles…

Bel album gai, festif sur la différence et sur ce que l’on peut changer avec un peu d’entraide et de fantaisie…Et un bel espoir, celui de ne jamais se retrouver seul, on trouvera toujours quelqu’un (cet album nous donne cet espoir) il suffit de regarder autour de soi, qui nous ressemble parce qu’il a vécu les mêmes situations…

Ce que j’en conseille : album pour les plus petits dès 3 ans

La Promesse de l’ogre

Auteur : Rascal

Illustrations : Régis Lejonc

Éditeur : Pastel / L’École des loisirs, 2015

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On entre de plein pied dans l’histoire grâce à une première page de titre qui nous donne le sentiment que cette histoire ne sera pas de tout repos suivie d’une très belle page où nous savons d’emblée que nous nous trouvons dans un univers de contes avec sa forêt luxuriante, sa chaumière accueillante et un être « merveilleux » portant un sac sur le dos.

Chaque illustration située sur la page de droite répond au texte qui se trouve sur la page de droite. Les illustrations ont un aspect rassurant, on ressent une paix intense grâce à un bonheur familial certain : un père aime son fils et le lui rend bien.

Ces illustrations ont un  côté suranné comme les bonbons sucrés d’antan et pourtant…

La force de cet album réside dans le contraste entre l’histoire de cet ogre qui fait une promesse à son fils et qui ne la tient pas, un peu comme un alcoolique qui tient une promesse d’ivrogne…

Peut-on croire un instant à la promesse d’un ogre ? Est-on méchant à vie ? Peut-on changer pour l’amour de quelqu’un ?

Peut-on vivre avec un être dont les convictions morales sont différentes de soi-même ?

Faut-il tuer le père pour devenir un jeune homme et couper le destin familial ?

Un très bel album qui interroge sur les rapports intrafamiliaux, sur les transmissions familiales, sur les mensonges que l’on peut faire aux êtres que l’on aime le plus au monde…

Ce que j’en conseille : album pour les plus grands – 8-9 ans

Mon chat Boudin

Auteure et illustratrice : Christine ROUSSEY

Éditions : De la Martinière jeunesse, 2015

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Source : De la Martinière jeunesse

Voici un album qui fait du bien parce qu’il nous rappelle (à nous adultes) que l’enfant a aussi le droit de flâner, de flemmarder, de buller, de vivre l’instant présent sans rendre de compte à quiconque. Et vivre un bonheur qui fait appelle à toutes les sensations : les papilles (le goût), la vue avec la nature, les couleurs, l’ouïe avec le son des grenouilles et autres animaux qui emplissent la mare, le toucher (où comment s’étaler dans l’herbe) et bien sûr les odeurs.

Les dessins au crayon rappellent grâce aux traits enfantins, les moments si simples de l’enfance et invitent à la délicatesse et à musarder. Tout est finement évoqué et la tendresse est présente à toutes les pages mêlée à l’humour.

Hymne à l’enfance, à la méditation, au repos, aux petites joies, aux échanges…

Boudin avec sa pointe humoristique saura vous apprivoiser car ici les rôles sont inversés c’est l’animal pataud qui dicte sa manière de vivre à la petite fille (enfin du moins pour ce mercredi-ci) et ouvrir cet album c’est avoir droit à une seconde respiration, celle qui vous amène vers la lenteur et les ressentis

Merci pour cet « album doudou », un album qui fait du bien…

On reproche aux albums de toujours parler de choses pas vraiment drôles (la guerre, la maladie, la mort… les choses de la vie quoi) mais ici tout n’est que tendresse et tendresse non mièvre…

La Bulle

Auteur : Timothée de FOMBELLE

Illustratrice : Eloïse SCHERRER

Éditeur : Gallimard jeunesse, 2015

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Source : Éditions Gallimard jeunesse

Vidéo de présentation  de l’album :

LA BULLE

Voici un zoom sur Misha une petite fille qui vit dans sa bulle et écrasée par une bulle.

Dans un univers  féérique, onirique, mythique on observe cette petite fille qui lutte pour se dégager de sa bulle, figure imposante, écrasante malgré son aspect ouaté et… un soir, une ouverture, une brisure va changer sa vie.

Album où les illustrations sont omniprésentes, foisonnantes, grouillantes et permettent au lecteur d’entrer dans cet univers mystérieux, de quête, chevaleresque, de contes…

Comme pour la bulle, on se laisse baigner, envahir par les magnifiques illustrations de Scherrer où cette dernière nous mène image par image, pas à pas vers un univers de l’au-delà…

Tout comme Don Quichotte, Misha part à la recherche de… cela elle ne le sait pas et elle est accompagnée de son fidèle compagnon : Nounours (son doudou) mais ce ne sont pas des moulins à vent qu’ils vont rencontrer c’est bien une réalité qu’elle va découvrir, cette réalité sombre, cruelle dans un premier temps mais qui au final n’est que sensibilité…

Le monde n’est pas dual : Une petite fille revêt une armure chevaleresque pour partir au combat et pour parvenir à ses fins, elle utilisera alternativement, des valeurs dites masculines : le courage, la force, l’épée, le destrier et des valeurs dites féminines : la douceur, la patience…

Elle traversera la forêt sombre (la matrice de la bulle) symbole féminin par excellence pour se diriger vers la lumière ; le temps semble s’étirer à l’infini et marque ainsi un univers hors du temps

Album à lire et à relire qui nous interroge encore car la fin est ouverte : Misha se voit « de l’autre côté du miroir » et sort par une journée d’automne retrouver ses amis ? Que va t’il se passer pendant cette rencontre ?

Que représente cette bulle ? Se réfugie t’elle derrière cette bulle ou cette bulle l’écrase t’elle ? Réalité et mythe ne se confondent-ils pas ?

Misha doit elle se travestir pour combattre ? Est ce que le masculin et le féminin doivent s’unir pour mener à terme sa quête ?

Un album vers lequel je reviendrais très certainement et qui m’interpelle encore…

Ce que j’en conseille : album pour les plus grands : dès 6-7 ans

 

Merveilleux voisins

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AUTEURE : Hélène LASSERRE

ILLUSTRATEUR : Gilles BONOTAUX

ÉDITEUR : Seuil jeunesse, 2016

Âge conseillé : à partir de 4 ans

Ce que j’en dis : Album tout en hauteur parce que deux immeubles mitoyens sont au cœur de cet album.

A quoi aspirez-vous le plus dans la vie ? Dans quel monde souhaitez-vous vivre ?

Ce sont l’une des questions que pourrait se poser le narrateur, un jeune mouton qui semble s’ennuyer ferme dans son immeuble : il est constamment à sa fenêtre pour voir s’il y a du mouvement, nous regardons avec lui l’évolution de son quartier.

Cet album , où l’on s’amuse à deviner qui habite où ? Mais où se trouve le képi du policier ? montre qu’un quartier est ce que l’on en fait. L’harmonie entre voisins dépend naturellement de leur envie de vivre dans la convivialité, les échanges, l’intérêt que l’on porte à l’autre, la place qu’on lui laisse, l’acceptation de la différence, de celui qui ne vit pas comme nous mais aussi ce qu’on peut lui apporter : de la couleur, des espaces de liberté (destruction d’un muret, apparition d’un bistrot, disparition  des affiches), de la culture, de l’agriculture, bref des éléments qui enrichissent l’esprit, le cœur et le corps (un kangourou pratique la boxe)

Un quartier, comme l’arche de Noé, où toutes les espèces sont représentées mais là point de hiérarchie (chacun apporte sa contribution selon ses moyens). Et, petit à petit, pas à pas, on construit un monde tout neuf, avec un nouveau regard, une nouvelle perspective…

Un bel hymne au cosmopolitisme (animaux domestiques et sauvages vivent vraiment ENSEMBLE) , un monde où la paix, l’entraide, les mélanges sont une réponse à être au monde,  où ville et nature s’entremêlent et où être prévaut sur paraître…

Cet album permet au lecteur deux modes de lectures (l’image ou le texte) ; album jeu où on cherche qui est où, qui habite où…

C’est toujours délicat de conseiller ce type d’albums pour les enfants, il est universel par son propos et s’adresse à tous

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