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Maladie

LES PETITS ORAGES

Auteure : Marie CHARTRES

Éditeur : L’École des loisirs, 2016

les petits orages

 

Ce que j’en résume : Après un violent accident de voiture, Moses Laufer Victor Léonard a la jambe atrophiée et sa mère « marche » en fauteuil roulant… Ce qui désespère le père de Moses. Moses s’est replié sur lui-même, se réfugie sur Internet ou regarde des films documentaires qui lui font du bien…

Rien ne va plus mais c’est sans compter sur la rencontre avec un oglala de la réserve de Pine Ridge, un dénommé Ratso et un road movie qui va les mener vers des paysages intérieurs profonds…

Ce que j’en dis : on se laisse transporter par l’histoire de ces amérindiens, ces lakotas et cet ado blanc, fils de psychiatre qui n’arrive pas à mettre en mot sa culpabilité… Ce roman est puissant par son humanité et par son profond humanisme. Nous sommes amérindien, nous sommes handicapé, nous sommes ce mal-être dans lequel on s’enfonce profondément…

Et lorsque la porte s’ouvre de nouveau sur la Vie, on en est… Sortir de sa coquille dans laquelle on s’est emmuré pour ne pas souffrir. Mais la Vie est souffrance au même titre que Joie… Notre condition d’être humain c’est de l’accepter…

Quand on entre en relation avec celui qui nous porte, nous soutient, sachons le reconnaître et nous ouvrir à lui. De même sachons reconnaître le veilleur qui sommeille en nous.

J’aimerais savoir si Marie Chartres connait de vrais Oglalas car ses explications sur leurs spiritualités m’a donné envie d’en savoir plus sur le sujet… J’aime aussi la description des Sioux Oglalas et de leurs conditions de vie épouvantables… Loin bien entendu de tout cliché et stéréotype…

Ce que j’en conseille : à partir de 14 – 15 ans. Les notes sur la psychanalyse pourraient lasser pour un public plus jeune ainsi que le regard sur les réserves amérindiennes.

LA LISTE

Auteure : Siobhan VIVIAN

Éditions : Nathan, 2013 (pour la traduction en français)

la liste

Ce que j’en résume : une liste dans un lycée de Mount Washington et la vie d’une dizaine de lycéens et de collégiens s’en trouvent bouleversés.

Cette liste présente par classe, la fille la plus moche et la fille la plus belle. on pourrait penser que seules les filles jugées belles sont épargnées par le mal-être mais bien au contraire, à partir du moment où on est catégorisé, notre liberté est entachée par le regard des autres et  le comportement que l’on doit d’avoir…

Ce que j’en dis : Écriture fluide, simple qui ne se veut pas un décalcomanie du parler djeuns… Chaque personnage est décrit dans un chapitre en alternance avec un personnage différent ce qui évite assurément la lassitude des propos…

La psychologie des personnages est intéressante : on y voit la dégringolade d’une « moche » par révolte, la lente agonie d’une anorexique, les inimitiés et les fausses amitiés… Bref une société où l’authenticité laisse à désirer ou l’inhumanité et les apparences trompeuses sont omniprésentes.

Chacun se bat avec ses propres armes pour tenter de survivre et on se plait à (nous lecteurs) nous lier à des êtres qui pourraient être nous…

Un roman simple, vrai qui pourrait lasser par la trop grande galerie de personnages mais au final on se laisse apprivoiser par les histoires humaines…

Petit constat : seules les filles sont touchées par ce phénomène…

Inutile d’avoir une liste pour que gens nous étiquettent mais que fait-on avec les images que l’on nous colle à la peau ???

A lire pour très vite oublier ce roman de 405 pages car c’est un bonbon sucré qui fait du bien sur le moment et puis qu’on oublie très vite…

Pour les ados bien sûr, fin collège

 

Ronde comme la lune

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Auteure : Mireille DISDERO
Éditeur : Seuil
et ici le « book trailer » :
Mireille DISDERO a écrit ce roman pour adolescent qui se sentirait concerné par le problème de la boulimie.
Ce que j’en résume : Lorsque commence le récit de Saskia nous sommes en classe de quatrième, c’est probablement là que les ennuis ont débuté pour cette préado au drôle de prénom de la femme d’un peintre.
Saskia mange, mange et ses parents et son entourage s’inquiète. Pourquoi manger autant ? Au collège les insultes fusent entre « grosse vache et la Baleine », Saskia ne fait pas partie des jeunes filles populaires, c’est le moins que l’on puisse dire. Fort heureusement pour elle, elle a pour amie Claire qui la défend et la vie devient plus douce et complice…
Elles partagent toutes les 2 les mêmes références litéraires, musicales, picturales et bien d’autres…
Ces 2 là se retrouvent en troisième, en seconde, en première dans la même classe.
Et en première, les choses vont basculer puisque Claire va « sortir » avec Hector le matheux de la classe…
Ce que j’en pense : Roman très bien écrit de Disdero aux éditions du Seuil, le titre est poétique à souhait pour évoquer ce sujet (peut-être est il une référence littéraire ou musicale car ce roman en est truffé) Les émois de l’adolescence sont bien évoqués (sentiment d’appartenance ou non à un groupe, sentiment d’exaltation contrebalancé par la tristesse, la mélancolie, amours naissants, violence…). Ce roman introspectif montre combien la solitude est pesante pour un ado « différent »  et les « techniques » mises en place pour souffrir le moins possible : comment s’accepter soi-même quand les regards, les sarcasmes des uns et des autres vous en disent si longs sur vous ?
Ce que j’en conseille : Pour l’âge, je dirai peut-être plutôt vers 14 ans

Quelques minutes après minuit

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Auteur : Patrick NESS (et Siobhan DOWD)

 

Gros, gros coup de cœur, il n’est pas possible que vous passiez à côté de ce petit bijou du genre…

Conor O’Malley est un ado très solitaire : ses parents sont divorcés et son père s’est envolé pour le continent américain et puis sa mère avec laquelle il vit, est atteinte d’un cancer.

La vie n’est pas facile d’autant qu’il est devenu la tête de turc d’un groupe de garçon au Collège et Conor refuse tout net l’aide de son amie Lily…

Et certains soirs, Conor fait des cauchemars, l’if qui se trouve sous ses fenêtres, se métamorphose en monstre et lui veut du mal…

Un jour, cet if explique de sa voix tonitruante au garçon qu’il doit lui raconter 4 histoires…

Ce roman est un bel objet : il est cousu et ses illustrations en noir et blanc sont à la fois inquiétantes et merveilleuses, quant au récit il est empli de métaphores et parle aux ados comme aux adultes…

Je suis toute emballée, un roman puissant sur la disparition, la maladie, la solitude face au désespoir…

A noter que l’auteur que je découvre a repris une idée d’un récit de Siobhan DOWD (également auteure pour la jeunesse) qu’elle n’a pu terminé puisqu’elle est décédée d’un cancer à l’âge de 47 ans.

Et puis j’allais oublier l’une des composantes caractéristiques de ce récit : les illustrations magnifiquement réalisées en noir et blanc, à l’encre et réussies de Jim KAY.

La noirceur est présente mais quelques touches ici et là de clarté apporte une ouverture aux illustrations et évite de se sentir par trop oppressé par le sujet délicat et tellement bien maîtrisé…

Évitez « Nos étoiles contraires » et lisez celui-ci

Nos étoiles contraires

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Auteur : John Green
Editeur : Nathan

Roman ado, fort, puissant, émouvant et…

Avant de gâcher ma petite critique, voici un petit topo de ce roman qui a été d’ailleurs adapté en film (je ne l’ai pas vu)

Hazel (Grâce) est atteinte d’un cancer (je vous passe les détails, ben non je ne suis pas courageuse) elle a 16 ans et il s’est déclaré à l’âge de ses 13 ans. Philip est son meilleur ami et est aussi accessoirement sa bombonne d’oxygène sans qui elle ne peut vivre…

Elle se rend régulièrement dans un groupe de soutien pour enfant et adolescent cancéreux… Cela ne l’emballe guère jusqu’au jour où elle rencontre Augustus, un ado beau comme un Dieu et en rémission, lui…

C’est une belle histoire d’amour entre deux êtres que tout oppose d’où le titre « Nos étoiles contraires » sur fond de maladie  « contemporaine » : le cancer.

On se balance entre la Vie et la Mort, l’Éternité et la Durée… Et la souffrance est là en permanence entre les lignes et à chaque détour de pages…

Ce livre me fait mal, souffrir à la limite de vomir… Que de tristesse, pas une ombre de joie, de positif… Nous savons qu’ils sont tous deux condamnés et c’est un livre qui ne me donne aucune lueur d’espoir sauf des interrogations comme celle-ci :

  • Mieux vaut il mourir que de souffrir en permanence ?
  • Pourquoi ce passage éclair sur cette terre ?
  • Que deviennent ceux qui restent ?
  • A quoi s’accrocher quand l’épée de Damoclès est là au dessus de nos têtes ?
  • Même quand l’héroïne arrive à avoir un peu de bonheur, on le lui arrache ?
  • Tout est gris, triste, terne, pas d’espoir…

Je comprends que ce genre peut plaire mais pas de lumière dans ce livre, pas d’espoir… C’est cruel de ne pas laisser une petite lueur d’espoir à ses lecteurs même le personnage qui aurait pu s’en sortir se fait larguer par sa petite amie et devient aveugle… Le jour où Hazel a droit à un peu de bonheur, on le lui enlève illico presto parce que tout de même il ne faudrait pas déconner et surtout il faut laisser le lecteur dans cet univers impitoyable…

Pour sûr, je ne  relirai pas ce roman et en plus il a obtenu de nombreux prix :

  • Élu « Meilleur roman 2012 » par le Time Magazine !
  • Prix de L’Échappée Lecture 2014 de la Nièvre
  • Prix du Jury littéraire Giennois 2014
  • Prix Plaisirs de lire 2014, département de l’Yonne
  • Prix des Embouquineurs 2014
  • Prix Farniente 2015 (Belgique)
  • Prix Les goûts et les couleurs 2015 CANOPE – Académie de Rennes
  • Prix des Incorruptibles 2015

Oui mais non je persiste et signe, ce bouquin est indécent…

Je vous conseille plutôt le roman sur le même sujet mais avec un traitement différent de SIOBHAN DOWD et Patrick NESS « Quelques minutes après minuit » que j’ai critiqué ici sur ce même blog…

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